Anick St-Germain

Anick St-Germain

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours côtoyé des animaux. Chats, chiens, tortues, lapin, hamster et poissons ont fait partie de notre quotidien à la maison. Oui, la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre, mes parents étant aussi des amoureux des petites bêtes. J’étais la petite fille du quartier qui observait les couleuvres et salamandres dans le petit boisé derrière chez moi et qui nourrissait les mouettes et les écureuils. J’étais celle aussi qui aidait les vers de terre à ne pas sécher au soleil sur l’asphalte et les grenouilles ou crapauds à ne pas se faire écraser par les voitures en allant les reporter dans le petit boisé en question. Pourtant, lorsqu’on me demandait ce que je voulais faire plus tard comme métier, je n’envisageais jamais être technicienne en santé animale. Il était clair pour moi que les animaux feraient toujours partie de ma vie mais je ne pensais pas qu’ils feraient aussi partie de mon travail. Je me destinais donc à étudier en littérature à l’Université. Puis, la vie en a décidé autrement… A la fin de mon Cégep, j’ai entendu parler par des amis de la famille d’une importante saisie pour cruauté animale qui venait d’avoir lieu : 262 chiens provenant d’une ferme d’élevage venaient d’être retirés de leur enfer. Cela m’a interpellée et j’ai voulu donné un coup de main bénévolement. On m’a demandé de m’occuper des chiens durant la nuit car les responsables n’arrivaient pas à trouver des bénévoles pour cela. Dès le lendemain matin, on m’a offert un emploi pour la période qu’allait durer le procès. Étant encore aux études, j’ai donc travaillé à m’occuper de ces 262 chiens les fins de semaines et par la suite, à temps plein. Le procès a duré 6 mois au total. Je veillais à leur bien-être physique, bien sûr mais ce qui m’importait encore plus, c’était leur bien-être émotionnel. La majorité n’avaient jamais marché dans l’herbe, ne savaient pas jouer, n’avaient jamais connu de contacts humains positifs. C’était fantastique de les voir s’épanouir peu à peu et faire encore confiance aux humains malgré tout. J’avais espoir que justice serait faite mais malheureusement, la jeune fille que j’étais a appris que la vie, ce n’est pas comme dans les films… Parfois, ce sont les “méchants” qui gagnent. Une amende de 3000$ était semble-t-il une peine suffisante pour cet homme qui a repris par la suite ses activités comme si de rien n’était. Lorsqu’il a fallu remettre à leur bourreau ces chiens qui avaient goûté trop brièvement à une parcelle de bonté humaine, j’ai senti quelque chose se briser en moi. À partir de là il était évident que je devais continuer de travailler avec les animaux. Je suis donc allé suivre une première formation en comportement canin et on m’a offert un poste comme technicienne dans une clinique. Au fil des années, j’ai suivi d’autres formations en comportement animal car je suis toujours passionné par la vie émotionnelle et l’intelligence animale. Cela fera 20 ans en 2017 que je suis technicienne en santé animale… et je ne l’ai jamais regretté !

Anick St-Germain, Technicienne en Santé animale